Bosnie
Les bailleurs doivent
veiller à ce que justice soit rendue pour les atrocités commises
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Human
Rights Watch, New York, 8 février 2006
Alors
que le tribunal international de La Haye achève ses activités,
la nouvelle
Chambre pour les crimes de guerre établie à Sarajevo afin
de traiter
les affaires de graves crimes de guerre encore en suspens
aura
besoin d’un financement international et d’un soutien suffisant,
a déclaré
Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.
Les bailleurs
de la Bosnie doivent se rencontrer à Bruxelles le mois
prochain.
En mars
2005, la Chambre pour les crimes de guerre a débuté ses
opérations
au sein de la Cour d’Etat de Bosnie pour juger les affaires de
graves
crimes de guerre commis en Bosnie-Herzégovine qui ne
pouvaient
être traitées dans le cadre ou le calendrier du Tribunal pénal
international
pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). La chambre sera également
en charge
des affaires de graves crimes de guerre initiées localement.
Cette
chambre à dimension internationale est la dernière manifestation
d’une
série de mécanismes de justice « hybrides » opérant
selon le droit
national,
comme les initiatives préalables du Timor oriental et du
Kosovo.
Si la Chambre de Sarajevo a une composante internationale,
c’est
une institution nationale qui continuera de traiter les affaires de
crimes
de guerre après la disparition graduelle de la présence
internationale.
Le rapport
de 44 pages, « En quête de justice : la Chambre pour les
crimes
de guerre en Bosnie-Herzégovine » procède à
l’évaluation de la
phase
initiale de la Chambre, identifie ses réalisations et propose des
recommandations
sur la façon d’améliorer les opérations de la Chambre.
«
La Chambre pour les crimes de guerre a été créée
pour s’assurer que
les personnes
responsables des atrocités commises en Bosnie
n’échappent
pas à la justice, » a déclaré Param-Preet Singh,
avocat
conseil
sur le programme Justice internationale de Human Rights Watch.
«
Cette chambre offre une chance de justice aux victimes des plus graves
de ces
crimes. »
La guerre
en Bosnie qui a duré de 1992 à 1995 a été caractérisée
par des
meurtres
en très grand nombre, des viols, des destructions généralisées
et des
déplacements de population. Elle a représenté le premier
génocide
perpétré
en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Bien que
la Chambre pour les crimes de guerre soit une institution
relativement
nouvelle, ses opérations indiquent à ce jour qu’elle est
en
mesure
de juger les accusés de façon équitable. Le TPIY a
déjà déféré
deux
de ses cas à la Chambre pour les crimes de guerre afin qu’ils y
soient
jugés et d’autres transmissions de cas sont à attendre.
«
Maintenant que la Chambre est opérationnelle, elle doit concentrer
son
énergie
sur la conduite de procès équitables et efficaces, »
a déclaré
Singh.
« La communauté internationale ne peut se permettre de laisser
échouer
la Chambre pour les crimes de guerre. Un soutien accru des
bailleurs
est essentiel. »
Human
Rights Watch a fait part de sa préoccupation de voir les
performances
de la Chambre pour les crimes de guerre affectées par un
financement
inadéquat. Des inquiétudes existent quant au nombre
insuffisant
de procureurs ou d’enquêteurs pour traiter efficacement les
cas en
instance. Ceci pourrait compromettre l’efficacité des procès
devant
la Chambre pour les crimes de guerre.
D’autres
préoccupations soulignées dans le rapport portent sur
l’incertitude
entourant le paiement des avocats de la défense nommés
par la
cour et l’absence d’une disposition concernant les enquêteurs de
la
défense.
Ces deux facteurs pourraient compromettre la qualité de la
représentation
de la défense dans les procès pour crimes de guerre
devant
la Chambre, mettant en danger le droit d’un accusé peu fortuné
à
un procès
équitable.
La Chambre
pour les crimes de guerre : contexte
La Chambre
pour les crimes de guerre à Sarajevo est le dernier élément
d’une
longue série de tentatives soutenues par la communauté
internationale
pour traduire en justice les personnes responsables des
pires
crimes. Il est possible de citer à titre d’exemples les panels de
la
Résolution
64 au Kosovo et les Panels spéciaux pour les crimes graves
commis
au Timor oriental.
Si la
chambre bosniaque comporte actuellement du personnel
international
pour contribuer au traitement des crimes de guerre, les
effectifs
internationaux vont progressivement diminuer sur une période
relativement
courte.
En plus
du nombre limité de cas transmis par le TPIY, le mandat de la
chambre
inclut le jugement d’affaires initiées localement. La Chambre
pour
les crimes de guerre, avec la Chambre pour le crime organisé et
la
Chambre
pour le crime général, opèrent dans le cadre de la
Division
criminelle
de la Cour d’Etat de Bosnie-Herzégovine.
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